Jusqu'à 1217 emplois supprimés chez GSK Belgique: la plus importante annonce de licenciement collectif depuis Cora (infographie)
Le groupe pharmaceutique britannique GSK a annoncé une restructuration majeure de ses activités belges qui pourrait entraîner la suppression de jusqu'à 1.217 emplois. Cette annonce constitue le plus important plan de licenciement collectif depuis celui de Cora, qui avait menacé 1.777 postes lors de la fermeture de ses sept hypermarchés en avril 2025.
L'entreprise, qui emploie environ 8.500 personnes dans le Brabant wallon sur ses sites de Wavre et Rixensart, procède ainsi à une réduction significative de ses effectifs. Cette restructuration s'inscrit dans la continuité d'une diminution progressive de la main-d'œuvre, GSK ayant déjà réduit ses effectifs de 850 postes par le biais de départs naturels et de non-renouvellements de contrats temporaires.
Les suppressions d'emplois touchent principalement les départements de recherche et développement, la fabrication et les fonctions de support international. Les postes de production ne sont en revanche pas concernés par ces mesures. Cette distinction marque une volonté de préserver les activités de production tout en rationalisant les autres fonctions.
Un impact dans un secteur clé de l'économie belge
Cette annonce intervient dans un contexte où le secteur biopharmaceutique représente un pilier de l'économie belge. En 2023, le secteur employait environ 45.000 personnes, soit une augmentation de près de 11.000 emplois depuis 2015. L'industrie pharmaceutique pèse également pour plus de 10% des exportations totales du pays, ce qui souligne l'importance stratégique de ce secteur.
D'autres annonces importantes ont marqué l'année 2026, notamment chez Nike à Laakdal avec 736 travailleurs concernés, UPS Belgium à Machelen avec 525 employés menacés, et H&M Logistics à Mons où 440 emplois sont en jeu.
Une place dans l'histoire des restructurations belges
La restructuration de GSK ne figure toutefois pas dans le top dix des plus importantes annonces de licenciements collectifs de ces dernières années. Le dossier le plus marquant depuis 2010 reste celui du constructeur automobile Ford, qui avait annoncé en octobre 2012 la fermeture de son usine de Genk, menaçant 4.264 emplois directs. L'usine, qui avait produit environ 14 millions de véhicules au cours de ses 50 ans d'existence, a définitivement fermé ses portes en décembre 2014. Une étude de l'Université de Hasselt avait alors estimé que cette fermeture entraînerait la perte de 11.800 emplois indirects supplémentaires dans la région.
Le secteur automobile occupe d'ailleurs trois des cinq premières places de ce classement. Audi Brussels figure en troisième position avec 2.920 emplois menacés. L'usine a fermé ses portes le 28 février 2025 après que le groupe Volkswagen n'ait pas réussi à trouver d'acheteur malgré 26 expressions d'intérêt. Cette fermeture représentait la première usine de production que le groupe Volkswagen fermait en Europe depuis des décennies.
Opel Anvers occupe la quatrième place avec 2.612 emplois menacés en 2010. Entre ces deux constructeurs automobiles s'intercale la chaîne de supermarchés Carrefour, qui en juin 2010 avait annoncé un licenciement collectif de 3.363 personnes dans ses hypermarchés.
La grande distribution durement touchée
La cinquième place de ce classement est occupée par une autre enseigne de grande distribution: Delhaize Belgique, où 2.500 emplois avaient été menacés en juin 2014.
Quant à Cora, qui sert de référence comparative pour la restructuration de GSK, la fermeture de ses hypermarchés était intervenue après que le groupe Louis Delhaize ait vendu ses opérations en France à Carrefour et au Luxembourg à E.Leclerc. La recherche d'acheteurs pour les magasins belges était restée infructueuse. L'enseigne avait enregistré une perte de 24 millions d'euros en 2024, et les prévisions financières pour 2025 et 2026 anticipaient une perte nette proche de 90 millions d'euros sur ces deux années.



