Reims : six personnes placées en garde à vue après la mobilisation du 24 octobre

Six adultes ont été placés en garde à vue à l'issue de la deuxième journée de mobilisation contre la vie chère à Reims, a annoncé le procureur François Schneider dimanche 25 octobre 2026 au matin. La préfecture en avait signalé quatre la veille au soir.

Antoine Verstraeten

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Des tensions après un début de journée calme

Les gardes à vue concernent principalement des faits de "destruction par incendie", d'"outrage et rébellion" et de "participation à un attroupement", selon le procureur. Dans son bilan du samedi soir, la préfecture de la Marne mentionnait "plus de 200 personnes contrôlées, huit interpellations et quatre individus placés en garde à vue".

Le rassemblement du 24 octobre a attiré 2 500 personnes à Reims, d'après l'estimation préfectorale. Cet Acte II de la mobilisation contre la vie chère a commencé dans le calme, avant que des tensions apparaissent sur la traversée urbaine, puis dans le centre-ville.

Les placements en garde à vue sont moins nombreux que lors de la première journée, le 17 octobre. Le procureur avait alors fait état de 22 personnes concernées, parmi lesquelles six mineurs. La plupart étaient inconnues des services de police.

Une participation nationale en baisse selon l'Intérieur

Les bilans nationaux publiés dimanche 25 octobre donnent des estimations différentes de la participation. Le ministère de l'Intérieur compte 410 000 manifestants le 24 octobre, contre 550 000 le 17 octobre. La CGT avance près de 800 000 participants dans le pays. Pour Paris, le syndicat en dénombre 250 000 et les autorités 110 000.

Le dispositif de sécurité mobilisait 70 000 policiers et gendarmes en France, soit 20 % de plus qu'une semaine auparavant. Dans plusieurs villes, des renforts comprenaient des militaires de la force Sentinelle, des unités d'élite telles que le Raid et le GIGN, ainsi que des hélicoptères et des blindés.

Plus de 1 300 interpellations en France

Le bilan provisoire établi par le ministère de l'Intérieur dimanche à 7 h 30 recense 1 314 interpellations, contre 2 628 le 17 octobre. Il fait aussi état de 53 blessés parmi les forces de l'ordre, contre 1 144 lors de la précédente journée.

Les interventions pour incendie sont au nombre de 75, contre 2 025 une semaine plus tôt. Concernant les commerces, le ministère signale 24 établissements pillés le 24 octobre ; son bilan du 17 octobre portait sur 1 522 commerces touchés.

À Paris, 142 personnes ont été interpellées en marge de la manifestation et 126 d'entre elles placées en garde à vue, d'après la porte-parole de la préfecture de police. À Toulouse, la préfecture a indiqué à l'AFP qu'une personne avait été grièvement blessée à une main pendant des heurts avec les forces de l'ordre, à la fin du défilé.

Une demande d'observation et de nouvelles journées annoncées

Après la mobilisation, la Ligue des droits de l'homme a demandé qu'une mission d'observation soit envoyée en France sous l'égide des Nations unies. Elle qualifie le maintien de l'ordre des dernières semaines de "particulièrement chaotique et incohérent".

Les Gilets jaunes ont annoncé une nouvelle journée d'action pour le 31 octobre 2026. Les syndicats de salariés ont, de leur côté, fixé au 5 novembre une journée nationale de grèves et de manifestations.

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