Une présence symbolique sous restrictions
À 14 h 30, une quinzaine de personnes se tenaient à proximité du rond-point de l'Archer. Quelques-unes avaient rejoint les lieux peu après 9 heures. Une enceinte apportée par un participant diffusait Antisocial, de Trust, tandis que de nombreux automobilistes et camionneurs saluaient le rassemblement à coups de klaxon.
Drapeau du manga One Piece en main, Sullivan y voit un "symbole de liberté". Il rapporte des contrôles de police parmi les participants et précise les restrictions auxquelles ils sont soumis : "On n'a pas le droit de traverser ou bloquer le rond-point, ni de ralentir la circulation". Il revendique un "rassemblement symbolique" : "on montre qu'on est présent, que le mécontentement est toujours là. Et ça, même s'il y a eu une interdiction de manifester".
Ailleurs en France, les restrictions ont aussi marqué cette journée du 24 octobre. Selon Le Monde, les préfectures ont interdit toutes les manifestations à Marseille, Lyon, Nice et Montpellier, où des couvre-feux ont également été étendus. À Paris, un seul cortège a été autorisé, de la place de la Bastille à celle de la Nation.
Les revendications éclipsées par les débats sur les violences
Le prix de l'essence et, plus largement, le coût de la vie restent au centre des préoccupations exprimées à Soissons. À ces difficultés s'ajoute une critique du pouvoir politique. Barbara Meurant, élue d'opposition du groupe "Soissons avec vous", interpelle : "Où est la vraie démocratie ?" Elle poursuit : "le président n'entend rien depuis tellement longtemps… On s'étonne que les gens n'aillent plus voter, mais en haut ils font ce qu'ils veulent".
L'élue estime que les dégradations ont occupé une place excessive dans les discussions des derniers jours. Elle explique les violences dans la rue par ce qu'elle qualifie de violence institutionnelle : "la violence première est institutionnelle". Elle ajoute : "Quand on est victime de violence, on rend la violence. C'est de la survie".
Sullivan regrette lui aussi que les revendications passent au second plan : "Mes amis et mes collègues de travail ont parlé toute la semaine de la casse, mais jamais des revendications. Et l'absence de démocratie ? On est face à une dérive autoritaire de la part du président. On devrait baisser la tête et marcher droit sans réfléchir ?" Il prévoit de manifester à nouveau le 31 octobre.
Des rendez-vous les 31 octobre et 5 novembre
Cette poursuite de la mobilisation correspond au calendrier annoncé par des collectifs de gilets jaunes. D'après Ouest-France, ceux-ci avaient appelé à manifester contre la vie chère les 24 et 31 octobre, puis à rejoindre la journée intersyndicale du 5 novembre. Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, avait indiqué que son syndicat encadrerait les cortèges du samedi 24 octobre.
Pour les manifestants présents à Soissons, l'appel intersyndical laisse espérer davantage de monde le 5 novembre. Selon franceinfo, la CFDT, la CGT, FO, l'Unsa et la FSU ont lancé cet appel le 5 octobre 2026. Elles invitent les salariés du public et du privé, mais aussi les retraités et les jeunes, à faire grève et à manifester le jeudi 5 novembre pour défendre les salaires, les services publics, l'emploi et l'industrie. Cette initiative succède à une première journée de mobilisation, le 29 septembre, centrée sur la fonction publique.
Le 21 octobre, après une réunion à Matignon avec le Premier ministre Sébastien Lecornu, Sophie Binet a appelé à une grève générale le 5 novembre. Selon Ouest-France, elle reprochait au gouvernement de ne pas prendre en compte les revendications.
Salaires, pensions et droit de manifester
L'intersyndicale réclame que des négociations pour augmenter les salaires s'ouvrent immédiatement dans chaque entreprise et chaque branche. Ses demandes portent aussi sur la hausse des pensions de retraite et de la valeur du point d'indice des fonctionnaires, ainsi que sur la revalorisation du Smic et des aides sociales. Elle souhaite également des mesures de justice fiscale, rapporte franceinfo.
En Maine-et-Loire, un appel à la grève et à la manifestation le 5 novembre a été lancé dès le 23 octobre par la CGT, la CFDT, FO, la CFTC, la FSU, Solidaires, l'UNSA, l'UNEF et l'Union étudiante. Cette intersyndicale a réaffirmé son attachement au droit de manifester et demandé une mobilisation "déterminée et pacifique", selon Ouest-France.






