Bruxelles interdit les trottinettes électriques dans ses 19 hotspots antidrogue

Les trottinettes privées comme celles en libre-service ne peuvent plus circuler ni stationner dans les 19 quartiers bruxellois classés hotspots. Cette interdiction figure dans un arrêté de police signé par le ministre-président Boris Dilliès (MR), qui pérennise le dispositif régional de lutte contr…

Antoine Verstraeten

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Une interdiction ciblée, distincte de celle prévue en 2027

Pour justifier la mesure, le ministre-président s'appuie sur l'usage des trottinettes lors des violences liées au trafic : de janvier 2025 à juillet 2026, elles ont servi à tirer ou à prendre la fuite dans plus d'un quart des fusillades liées au narcotrafic.

Dans les hotspots, l'interdiction concerne à la fois la circulation et le stationnement, quel que soit le propriétaire de la trottinette électrique. Elle se distingue de la décision prise le 11 juin 2026 par le gouvernement bruxellois : selon governance.brussels, seules les trottinettes partagées seront interdites sur l'ensemble du territoire régional à compter du 1er janvier 2027. Les modèles privés resteront autorisés en dehors des hotspots.

Jean Spinette (PS), bourgmestre de Saint-Gilles, accueille favorablement ce nouvel outil : "Le procureur du Roi le demande lui-même." Selon lui, les policiers pourront ainsi contrôler directement chaque usager de trottinette dans ces secteurs. Il souligne toutefois la difficulté d'application : il réclame surtout davantage de policiers et demande que les effectifs disponibles ne soient pas mobilisés ailleurs, notamment pour les manifestations.

Un dispositif durable, réexaminé quartier par quartier

Jusqu'ici, les arrêtés encadrant la stratégie des hotspots, lancée en 2024, étaient renouvelés tous les six mois. Mercredi, Boris Dilliès a présenté le nouveau cadre comme durable, soumis à évaluation et rapidement adaptable.

Le bourgmestre doit désormais évaluer chaque hotspot tous les trois mois. Il peut demander qu'un quartier entre dans le dispositif ou en sorte.

La liste initiale comptait 15 quartiers en avril 2024. Les ajouts successifs du Parc Elisabeth, d'Aumale et de Marbotin, puis de Gray, ont porté leur nombre à 19. Gray constitue ainsi le quatrième ajout depuis le lancement du mécanisme.

À Ixelles, le quartier Gray a été intégré par un arrêté signé le 18 septembre 2026, à la demande de la commune, rapporte La DH. Le périmètre retenu se situe entre les rues Gray, Maria Malibran, de la Levure et de la Brasserie.

Les 19 hotspots sont les suivants : Chaussée d'Anvers, Matongé, Yser, Querelle, Versailles, Porte de Hal, Clémenceau, Peterbos, Saint-Antoine, Gare du Midi, Gare du Nord, Étangs noirs, Ribeaucourt, Bonnevie, Paal/Kolom, Aumale, Parc Elisabeth, Marbotin et Gray.

Alcool, contrôles et pouvoirs renforcés en cas de menace grave

Dans ces quartiers où se concentre le trafic, les restrictions sur l'alcool sont reconduites : sa consommation sur la voie publique reste interdite, tout comme sa vente à emporter de 22 h à 6 h, hors établissements horeca. Les policiers peuvent toujours y effectuer des contrôles d'identité, des saisies administratives et des fouilles de sécurité à toute heure.

Une menace grave peut conduire le bourgmestre à prendre des mesures supplémentaires dans un hotspot, lorsque la situation l'exige : réserver la circulation aux riverains, interdire les rassemblements, ordonner la fermeture nocturne d'établissements, instaurer un couvre-feu ou limiter la vitesse. Ces pouvoirs figuraient déjà dans les arrêtés précédents.

La responsabilité première de l'ordre public demeure communale. Comme le précise BRUZZ, la loi permet néanmoins au ministre-président de se substituer aux bourgmestres si les troubles touchent plusieurs communes, si les mesures nécessaires ne sont pas prises ou si l'intérêt général le commande.

Pyrotechnie et protoxyde d'azote : des règles régionales

D'autres interdictions s'appliquent à toute la Région, et non aux seuls hotspots. Elles visent les engins pyrotechniques, régulièrement employés contre les policiers et les secours, ainsi que la vente de protoxyde d'azote, qui reste toutefois permise aux professionnels.

Le volet pyrotechnique s'inscrit dans un contexte juridique rappelé par l'arrêté régional du 2 mars 2026 : le Conseil d'État a annulé, le 22 mai 2025, l'arrêté royal du 9 février 2024 qui renforçait les règles sur ces articles. La Région reprend ces mesures en attendant un nouveau texte fédéral.

74 fusillades recensées sur les neuf premiers mois de 2026

Du 1er janvier au 30 septembre 2026, Bruxelles a enregistré 74 fusillades, avec un bilan de deux morts et 28 blessés. Boris Dilliès a accompagné l'annonce de cet engagement : "Nous ne laisserons aucun quartier aux mains de ceux qui tirent dans nos rues".

Pour une autre période, allant du 4 septembre 2025 au 19 février 2026, l'arrêté du 2 mars 2026 faisait état de 43 fusillades dans la Région, ayant causé deux morts et dix-sept blessés. Il s'agissait de chiffres provisoires de la police fédérale, qui n'avaient pas encore été validés dans la Banque de données nationale générale.

Trafic de drogueBruxelles
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