Des blessés et des dégâts dans les deux pays
Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a fait état de frappes comprenant des tirs de missiles et de dégâts aux infrastructures du métro sur le pont Pivdenny. Parmi les blessés figurent deux adolescents de 15 ans ; huit personnes sont hospitalisées, selon les précisions du maire rapportées par TSN.
Dans le district de Petchersk, une station d'ambulance et six véhicules de secours ont été endommagés. Aucun membre du personnel médical n'a été blessé. Un bâtiment abritant un restaurant a également pris feu dans le district de Sviatoshynskyï.
À Moscou, le maire Sergueï Sobianine a annoncé que 630 drones avaient été envoyés vers la région de la capitale russe au cours de la nuit. Selon lui, la défense aérienne en a détruit la plupart et 163 se sont approchés de la ville. Il a fait état de deux blessés.
Plus au sud, à Lipetsk, des drones ont touché des immeubles d'habitation et un centre médical. Un homme a été blessé, a indiqué le gouverneur régional Igor Artamonov, cité par AnewZ. Depuis le début de l'invasion russe en 2022, les Nations unies ont vérifié plus de 17 000 décès de civils en Ukraine, selon le bilan rappelé par NPR.
Moscou envisage des pourparlers à trois vers le 10 novembre
Quelques heures avant ces attaques, mercredi, Vladimir Poutine avait reçu l'émissaire américain Steve Witkoff à Saint-Pétersbourg. Leur entretien a duré trois heures, selon le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov, qui l'a qualifié de "détaillée et franche" en parlant de la réunion. Donald Trump a ensuite estimé qu'un règlement du conflit n'avait peut-être jamais été aussi proche, réitérant l'optimisme affiché à plusieurs reprises depuis son retour au pouvoir.
Le Kremlin se dit disposé à reprendre les discussions avec l'Ukraine et les États-Unis, mais seulement "vers le 10 novembre", d'après Iouri Ouchakov. Cette échéance se situe après les élections américaines de mi-mandat, susceptibles de modifier la situation politique à Washington. Aucune pause des combats n'est prévue dans l'intervalle, alors qu'aucun camp n'enregistre d'avancée majeure.
Volodymyr Zelensky s'est déclaré "favorable" à cette rencontre, tout en la souhaitant "dès que possible". Le président ukrainien entend y aborder la fin de la guerre, les progrès vers la paix et la préparation d'une réunion au niveau des dirigeants. Sur X, Steve Witkoff a présenté les échanges de Saint-Pétersbourg comme constructifs et destinés à se poursuivre à trois, tout en reconnaissant l'ampleur du travail restant.
Le désaccord persiste sur un arrêt des combats
La veille du déplacement de Steve Witkoff en Russie, une réunion s'était tenue à Oslo, mardi 20 octobre. L'émissaire américain y avait rencontré Volodymyr Zelensky, le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Store et le président finlandais Alexander Stubb, précise NPR. Le président ukrainien y avait défendu un arrêt des combats sur les positions actuelles pour ouvrir la voie aux pourparlers.
Volodymyr Zelensky a renouvelé cette proposition mercredi sur Fox News, en demandant un "gel" de la ligne de front. Moscou l'a jusqu'ici écartée : les autorités russes veulent un accord sur le fond avant toute cessation des hostilités. Elles exigent notamment que les forces ukrainiennes quittent les territoires de la région de Donetsk qu'elles tiennent encore, une condition inacceptable pour Kiev.
Vladimir Poutine, qui a lancé l'offensive en février 2022, a toujours refusé de discuter en face à face avec Volodymyr Zelensky et a affirmé vouloir prendre le reste de l'est de l'Ukraine. Iouri Ouchakov a, pour sa part, jugé que les propositions ukrainiennes et européennes présentées à Oslo "ne comportaient pas grand-chose".
Les trois pays avaient déjà négocié en 2025, sans résultat concret. Ces discussions avaient été suspendues après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient par Washington et Israël. Iouri Ouchakov a aussi évoqué les préparatifs d'une possible rencontre entre Vladimir Poutine, Donald Trump et Xi Jinping, en marge du sommet de l'Apec prévu en novembre à Shenzhen, dans le sud-est de la Chine.
La libération d'un Américain saluée par Witkoff
À Saint-Pétersbourg, Steve Witkoff a vivement remercié Vladimir Poutine pour la libération de Stephen Hubbard, annoncée le 21 octobre. Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, participait à l'entretien en visioconférence parce qu'il était grippé. L'émissaire a attribué des qualités humanitaires au président russe, provoquant l'indignation en Ukraine. Oleksandr Merezhko, président de la commission des affaires étrangères du Parlement ukrainien, a dénoncé une honte pour les États-Unis, rapporte NPR.
Stephen Hubbard, ancien professeur de 74 ans originaire du Michigan, était détenu depuis 2022, après son arrestation par les forces russes dans l'est de l'Ukraine. En 2024, un procès à huis clos avait abouti à sa condamnation à près de sept ans de prison pour mercenariat au profit de l'Ukraine. L'administration Biden l'avait officiellement reconnu comme détenu à tort. Sa libération, demandée par Donald Trump, n'a pas donné lieu à un échange de prisonniers.
Le pétrole, autre sujet des relations avec Moscou
Selon NPR, Washington a levé certaines sanctions visant Moscou, notamment pour permettre un accord d'achat de diesel russe jusque-là sanctionné. Vladimir Poutine a annoncé que les premiers navires transportant 60 000 tonnes de ce carburant devaient partir pour les États-Unis dans les deux ou trois jours suivant le 21 octobre.
Donald Trump a par ailleurs reproché à Volodymyr Zelensky les attaques ukrainiennes de drones à longue portée contre les installations pétrolières russes. À l'approche des élections de mi-mandat, il leur attribue une part de la flambée des prix de l'essence aux États-Unis. Les économistes cités par NPR désignent toutefois comme principal facteur de la hausse mondiale du pétrole la guerre menée par Donald Trump en Iran et le blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran.



