Un plan ambitieux face à une situation critique
Le conseil communal de Schaerbeek a approuvé jeudi un plan communal de logement comprenant 57 mesures destinées à faire face à la crise du logement qui touche particulièrement cette commune bruxelloise. Ce plan intervient dans un contexte où Schaerbeek figure parmi les municipalités les plus pauvres de Belgique et affiche une densité de population de 16 540 habitants par km², soit le double de la moyenne bruxelloise, avec environ 129 263 habitants sur 7,9 km².
La commune entend répondre à la pression croissante sur le marché du logement et aux défis en matière d'accessibilité financière, de qualité des logements et de sans-abrisme. Le contexte régional est particulièrement préoccupant : plus de 62 000 ménages sont actuellement sur liste d'attente pour un logement social ou abordable à Bruxelles, tandis que le taux de vacance locative se situe entre 1,5 % et 3 %, un niveau considéré comme critique. En novembre 2024, la région comptait 9 777 personnes sans abri ou mal logées, soit une augmentation de 25 % en deux ans seulement.
Le plan logement doit servir de feuille de route concrète pour la politique communale en matière de logement. La commune entend ainsi mieux utiliser les moyens disponibles et renforcer la collaboration entre les différents services et organisations concernés.
Trois priorités stratégiques
Le plan s'articule autour de trois priorités : développer l'offre de logements abordables, lutter contre les mauvaises conditions de logement et le sans-abrisme, et améliorer la coordination entre les acteurs actifs dans le domaine du logement.
Parmi les 57 mesures, Schaerbeek souhaite notamment soutenir différentes nouvelles formes d'habitat. Les logements inoccupés font également l'objet d'une attention particulière, un enjeu crucial dans un marché où moins de 9 000 nouveaux biens locatifs sont devenus disponibles à Bruxelles en 2025.
Lorsque les mesures régionales et communales existantes s'avèrent insuffisantes, la commune veut pouvoir prendre des mesures supplémentaires. L'une des possibilités consiste à prendre un bâtiment en gestion propre et à le remettre sur le marché du logement, explique la commune.
Mesures concrètes et logements d'urgence
Schaerbeek souhaite par ailleurs utiliser temporairement à des fins sociales des logements temporairement inoccupés dans l'attente de leur rénovation. Des logements d'urgence sont également prévus pour les personnes confrontées à une crise aiguë du logement, en collaboration avec le CPAS.
Ce plan communal s'inscrit dans un cadre réglementaire régional renforcé. Depuis le 1er janvier 2026, de nouvelles normes minimales de qualité du logement sont entrées en vigueur à Bruxelles, obligeant tous les propriétaires à respecter des exigences actualisées en matière de sécurité et de santé. Cette même date a vu l'introduction d'une nouvelle aide financière régionale pour soutenir les ménages vulnérables face aux défis du logement.
Le contexte financier explique également l'urgence des mesures : les prix des appartements à Bruxelles ont atteint un niveau médian de 274 550 euros au troisième trimestre 2025, avec une hausse annuelle de 4,08 %, faisant de la région la plus chère de Belgique. En février 2026, le gouvernement régional a approuvé un plan visant à créer plus de 1 000 logements publics avec un budget de 400 millions d'euros, coordonné par la SLRB, la société régionale du logement de Bruxelles.
Un suivi rigoureux
La mise en œuvre du plan débutera le 17 septembre. Un outil de pilotage et différents groupes de travail assureront le suivi de l'avancement des mesures. Des services communaux, le CPAS, des organismes publics, des associations et des partenaires régionaux seront notamment associés à ce suivi.
La commune entend ainsi passer du plan politique à des actions et des résultats concrets sur le terrain.
Il y a beaucoup de travail devant nous, mais nous avons désormais défini une orientation claire. Nous mettrons tout en œuvre pour faire de ce Plan logement un outil au service des habitants de Schaerbeek, déclare Justine Harzé, échevine du logement.




