Un cratère lunaire exceptionnel découvert par la NASA : un événement qui ne se produit qu'une fois tous les 132 ans

Un chercheur américain a identifié le cratère McGetchin, de 222 mètres de diamètre, formé au printemps 2024 par l'impact d'une comète ou d'un astéroïde. Cette découverte, la plus importante depuis 2009, offre une opportunité unique d'étudier la géologie lunaire.

Lucas Michiels

3 min de lecture

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Un cratère lunaire exceptionnel découvert par la NASA : un événement qui ne se produit qu'une fois tous les 132 ans

Un cratère lunaire d'une ampleur exceptionnelle a été découvert grâce aux images captées par une sonde de la NASA. Baptisé « McGetchin » en hommage à Thomas R. McGetchin, géologue américain et scientifique lunaire pionnier de l'ère Apollo qui dirigea le Lunar Science Institute en 1977, ce cratère de 222 mètres de diamètre et 43 mètres de profondeur aurait été créé au printemps 2024 par la collision d'une comète ou d'un astéroïde avec la surface lunaire.

Selon les modèles de production de cratères, un impact de cette magnitude ne se produit en moyenne qu'une fois tous les 132 ans sur la Lune, faisant de cette observation un événement statistiquement rare, véritable opportunité scientifique d'une vie. Le cratère McGetchin constitue le plus grand cratère récent jamais identifié dans le système solaire et dépasse largement le précédent record établi en 2012, qui ne mesurait que 70 mètres de diamètre.

Une découverte fortuite après 18 mois

Robert Wagner, spécialiste du traitement d'images chez Intuitive Machines, a repéré le cratère le 24 octobre 2025 lors d'une comparaison de routine de cartes lunaires avant-après, soit environ 18 mois après sa formation. Initialement passé inaperçu, il apparaît sur les clichés de la sonde Lunar Reconnaissance Orbiter Camera sous la forme d'une tache brillante entourée d'un halo sombre.

Cet instrument sophistiqué, composé de deux caméras à angle étroit fournissant des images à l'échelle de 0,5 mètre et d'une caméra grand angle capturant des images à 100 mètres par pixel dans sept bandes de couleur, opère en continu depuis 2009 pour permettre la future exploration humaine lunaire. Il s'agit du plus grand cratère récent identifié depuis le début de la mission en 2009.

Un impact d'une puissance colossale

L'impact a libéré une énergie estimée à 6,5×10¹⁰ kilojoules et a projeté des matériaux sur une distance dépassant 106 kilomètres depuis le cratère. L'objet responsable aurait eu la taille d'un immeuble de trois à six étages. La collision a également créé une « tache froide » thermique d'environ 7 kilomètres de large autour du site d'impact, avec des températures nocturnes de 8 à 9 degrés Celsius inférieures au terrain environnant, en raison du régolithe moins dense et incapable de retenir la chaleur.

Le cratère se situe à la frontière entre le basalte volcanique des mers lunaires et les hautes terres anciennes d'anorthosite, un degré au nord de l'équateur lunaire dans l'hémisphère oriental, immédiatement à l'est de Mare Spumans. Cette position géologique complexe offre aux scientifiques une occasion précieuse d'étudier les interactions entre différents types de roches lunaires lors d'un impact.

Des implications cruciales pour l'exploration future

L'observation quasi en temps réel de la formation d'un tel cratère et le suivi de son évolution pourraient permettre de mieux comprendre la géologie complexe de notre satellite naturel. Ces données revêtent une importance particulière alors que les États-Unis prévoient d'établir un avant-poste lunaire permanent d'ici 2030 dans le cadre du programme Artemis, et que la Chine ambitionne de construire une base scientifique près du pôle sud de la Lune d'ici 2035.

Contrairement à la Terre, la Lune ne possède pratiquement pas d'atmosphère protectrice. Les météoroïdes, astéroïdes et autres débris spatiaux ne sont donc ni ralentis ni consumés avant d'atteindre le sol. La surface lunaire est constamment bombardée par environ 8 météoroïdes par heure, avec approximativement 2 800 kilogrammes de matériel spatial déposés toutes les 24 heures, rendant l'évaluation des risques d'impact essentielle pour les futures missions habitées.

Les résultats de cette découverte exceptionnelle ont été publiés mercredi dans la revue Science Advances, offrant à la communauté scientifique internationale une opportunité unique d'approfondir ses connaissances sur les processus d'impact et leurs effets à long terme sur l'environnement lunaire.

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