Trump menace de cesser tout commerce avec l'UE si le Canada devient membre associé
Le président américain Donald Trump a menacé mercredi de rompre les échanges commerciaux avec l'Union européenne en réaction à la proposition de faire du Canada le premier pays membre associé de l'UE. « Je trouve cela ridicule », a-t-il déclaré aux journalistes. « S'ils font cela, si j'estime qu'il s'agit d'un acte hostile, j'imposerai des droits de douane très lourds ou je cesserai tout commerce avec l'Europe. »
La menace fait suite à l'annonce de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors de son discours sur l'état de l'Union européenne au Parlement européen à Strasbourg le 16 septembre 2026. Le Premier ministre canadien Mark Carney assistait à cette intervention historique.
Détérioration des relations entre Washington et Ottawa
La proposition de Bruxelles intervient alors que les relations entre Washington et Ottawa se sont considérablement détériorées ces derniers mois. En août 2026, les États-Unis ont imposé des droits de douane de 50% sur une série de produits canadiens après l'effondrement des négociations commerciales. Le Canada a répliqué en mettant en place des tarifs équivalents à partir du 8 septembre. Les déclarations répétées de Trump évoquant la possibilité de faire du Canada le 51e État américain ont également contribué à pousser Ottawa à chercher des liens économiques et sécuritaires plus étroits avec l'Europe.
Le concept de membre associé de l'UE
Le concept de membre associé de l'UE représente une nouveauté juridique. Les traités européens ne prévoient actuellement pas cette possibilité, bien que l'idée ait été initialement proposée par le chancelier allemand Friedrich Merz en 2026 concernant l'Ukraine. Toutefois, le Canada participe déjà en tant que membre associé au programme de recherche Horizon Europe de l'UE, aux côtés de pays comme la Corée du Sud, la Nouvelle-Zélande et la Suisse.
Des liens économiques déjà solides
Les liens économiques entre le Canada et l'Europe reposent sur des fondations solides. L'accord de libre-échange CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement), entré provisoirement en vigueur en 2017, a éliminé 99% des lignes tarifaires entre les deux partenaires. De plus, le Canada est le seul pays non européen à participer à l'instrument de défense SAFE de l'UE, qui accorde aux entreprises canadiennes un accès préférentiel aux marchés publics européens de défense.
Tensions commerciales transatlantiques
La menace de Trump n'est pas isolée dans le contexte des relations commerciales transatlantiques. Tout au long de 2025 et 2026, le président américain a multiplié les menaces tarifaires envers l'Europe, proposant notamment un tarif général de 50% en mai 2025 et menaçant de porter les droits de douane sur les automobiles à 25%. Ces tensions se reflètent dans les chiffres commerciaux : l'excédent commercial de l'UE avec les États-Unis s'est réduit de 80 milliards d'euros au premier trimestre 2025 à 29 milliards au deuxième trimestre 2026, après une chute de 26% des exportations européennes vers les États-Unis.
L'enjeu est considérable. En 2025, les échanges transatlantiques de biens et services entre l'UE et les États-Unis ont atteint plus de 1,77 trillion d'euros. Ensemble, l'Union européenne et les États-Unis représentent près de 30% du commerce mondial et 43% du PIB global. Une rupture commerciale aurait donc des conséquences économiques majeures des deux côtés de l'Atlantique.






