Gouvernement belge : négociations budgétaires tendues autour de 10 milliards d'euros
Le conseil des ministres restreint se rassemble samedi après-midi à partir de 13h30, marquant la première réunion depuis plus d'une semaine consacrée aux négociations budgétaires fédérales. Le Premier ministre Bart De Wever, qui dirige le gouvernement depuis sa prestation de serment le 3 février 2025 après sept mois de négociations, soumet une nouvelle proposition aux vice-Premiers ministres du MR, des Engagés, de Vooruit et du CD&V.
L'enjeu est considérable : trouver un ajustement budgétaire de 10 milliards d'euros d'ici la fin de la législature en 2029. Cette réunion lance véritablement le processus politique après une semaine de travaux techniques en groupes spécialisés. Toutefois, plusieurs sources au sein de la coalition Arizona – qui réunit la N-VA, le MR, Les Engagés, Vooruit et le CD&V – tempèrent les attentes.
Cela risque de déboucher sur un clash ce week-end, préviennent certains participants.
Une situation budgétaire préoccupante
La situation budgétaire belge est particulièrement préoccupante. Selon les prévisions de la Commission européenne publiées en mai 2026, la Belgique affiche le pire déficit de la zone euro avec 5,2% du PIB en 2025. La dette publique du pays continue sa progression inquiétante, passant de 107,9% du PIB en 2025 à 110,5% projeté pour 2026. Cette détérioration des finances publiques explique l'urgence des négociations en cours.
Le Bureau fédéral du Plan a préparé une liste de 250 mesures possibles pour alimenter les discussions, comprenant notamment des options sur le régime des voitures de société et l'augmentation de certaines participations aux frais de santé. L'ampleur de ce catalogue illustre la complexité de l'exercice budgétaire auquel fait face la coalition.
Un calendrier sous pression européenne
Depuis juillet 2024, la Belgique est placée sous la procédure de déficit excessif de l'Union européenne. Le Conseil européen a accordé en juin 2025 un délai supplémentaire, repoussant l'échéance pour corriger le déficit excessif de 2027 à 2029. Cette extension explique l'échelonnement de l'effort budgétaire : environ 2,1 milliards d'euros d'économies en 2026, 4 milliards en 2027, et plus de 9 milliards d'ici 2029.
Le gouvernement vise idéalement à finaliser cet accord budgétaire pour le 13 octobre, date à laquelle Bart De Wever doit prononcer son discours de politique générale à la Chambre. Les ministres examineront samedi les prévisions de croissance et la « ligne zéro », qui correspond à un gel de l'augmentation des dépenses. Ils évalueront également les économies et recettes déjà réalisées dans leurs portefeuilles respectifs afin de mesurer le manque à gagner accumulé.
Un marathon de négociations attendu
La réunion de samedi est programmée jusqu'à 18 heures, mais les discussions pourraient se prolonger tard dans la nuit de dimanche sans qu'aucune heure de fin ne soit fixée. Le cabinet du Premier ministre est déterminé à éviter un scénario où le gouvernement serait contraint de recourir pour la deuxième année consécutive au mécanisme des douzièmes provisoires. Ce dispositif permet de financer mensuellement les dépenses publiques à hauteur d'un douzième du budget de l'année précédente lorsqu'aucun nouveau budget n'est adopté à temps – une situation que la Belgique a déjà connue en 2026.
L'urgence est d'autant plus pressante que les analystes craignent qu'à partir de 2030, la Belgique soit confrontée à un « effet boule de neige » de la dette, où le pays devrait emprunter de l'argent uniquement pour payer les intérêts de sa dette existante. Cette perspective renforce la nécessité d'un accord rapide et substantiel.
Toutefois, il est peu probable que la réunion de ce week-end aboutisse à un accord définitif. Les divergences entre les cinq partis de la coalition Arizona restent importantes, et le Premier ministre Bart De Wever, premier nationaliste flamand à occuper ce poste après la victoire de la N-VA aux élections de juin 2024, devra faire preuve de toute son habileté pour rapprocher les positions.





