Budget fédéral - Les travaux budgétaires ont repris en comité restreint: "On constate des progrès mais..."
Les négociations budgétaires se poursuivent au 16 rue de la Loi, siège du Premier ministre belge et quartier général du gouvernement fédéral depuis 1944. Les ministres sont arrivés sans faire de commentaire pour reprendre les discussions en comité restreint, dans l'espoir de parvenir à un accord sur un effort budgétaire de 10 milliards d'euros d'ici 2029.
Le gouvernement De Wever, une coalition dite « Arizona » regroupant cinq partis — N-VA, MR, Les Engagés, Vooruit et CD&V — dispose de 81 sièges sur 150 au parlement. Cette formation gouvernementale, qui a nécessité plus de huit mois de négociations entre les élections fédérales de juin 2024 et la prestation de serment du Premier ministre Bart De Wever le 3 février 2025, fait face à un défi budgétaire d'envergure.
L'objectif de 10 milliards d'euros d'économies dépasse largement le minimum de 7,7 milliards jugé nécessaire pour respecter les engagements européens. Cette ambition reflète les préoccupations concernant les coûts d'intérêt croissants et l'endettement du pays, qui pourrait atteindre 117 % du PIB en 2029.
Pression européenne et urgence fiscale
La Belgique a enregistré le déficit le plus important de la zone euro en 2024, à 5,2 % du PIB. Sans mesures correctives, la Banque nationale prévoit qu'il pourrait se creuser jusqu'à 5,7 % d'ici 2028. Le pays est soumis à la procédure de déficit excessif de l'Union européenne et doit ramener son déficit sous la barre des 3 % d'ici 2029, conformément à la décision du Conseil de l'Union européenne prise en juin 2025.
La Banque nationale de Belgique et l'Agence de la dette ont mis en garde contre un « effet boule de neige » piloté par les intérêts, où l'État devrait emprunter simplement pour assurer le service de sa dette existante. Ce scénario pourrait se concrétiser dès 2028 ou 2029.
Des avancées insuffisantes selon certains partenaires
Malgré l'urgence de la situation, un accord dans la nuit de mardi à mercredi semble prématuré. Plusieurs partenaires de la coalition estiment que le tableau budgétaire sur la table reste trop déséquilibré.
On constate des progrès mais pour autant la note n'est pas encore satisfaisante
indiquait-on chez Les Engagés, le parti centriste francophone dirigé par Maxime Prévot, qui occupe le poste de vice-Premier ministre.
Le Premier ministre Bart De Wever, premier nationaliste flamand à diriger le gouvernement belge, a clairement exclu la perspective de commencer l'année prochaine sous le régime des douzièmes provisoires. Ce système, qui avait été appliqué pour le budget 2025 avant l'arrivée du gouvernement actuel, permet à l'État de fonctionner mois par mois avec un budget basé sur un douzième des dépenses de l'année précédente.
Le temps presse pour l'équipe De Wever, qui doit trouver un équilibre acceptable pour l'ensemble des partenaires de la coalition tout en répondant aux exigences européennes et en évitant une gestion budgétaire au jour le jour.





