Budget fédéral : Bart De Wever relance les négociations avec ses vice-Premiers ministres
Le Premier ministre Bart De Wever reprend les discussions budgétaires après deux jours d'interruption suite aux tensions du week-end dernier. Il a convoqué les vice-Premiers ministres pour une série d'entretiens bilatéraux prévus mercredi au 16 rue de la Loi, selon des informations de La DH confirmées au Soir.
Le contenu exact de ces échanges reste à déterminer. On ne sait pas si le Premier ministre maintiendra ses propositions précédentes, notamment une possible hausse de la TVA, ou s'il présentera de nouvelles options de négociation.
Ces discussions interviennent alors que le gouvernement de la coalition « Arizona » — formée par la N-VA, le MR, Les Engagés, Vooruit et le CD&V — cherche à boucler un budget dans un contexte fiscal particulièrement difficile. Créée le 31 janvier 2025 après sept mois de négociations post-électorales, cette coalition de cinq partis détient une majorité de 81 sièges sur 150 au parlement fédéral.
Une situation budgétaire critique
La Belgique fait face à une situation financière préoccupante. Le déficit budgétaire devrait atteindre 5,1% du PIB en 2026, plaçant le pays parmi les États de la zone euro affichant les déficits les plus élevés. La dette publique devrait grimper entre 110,5% et 110,7% du PIB, bien au-dessus de la moyenne européenne de 84,2%.
L'Union européenne a lancé une procédure pour déficit excessif contre la Belgique en juillet 2024, suivie d'une recommandation révisée en juin 2025 qui exige que le pays mette fin à son déficit excessif d'ici 2029, avec des limites spécifiques sur la croissance nominale des dépenses nettes.
L'objectif de consolidation budgétaire fixé à 10 milliards d'euros d'ici 2029 dépasse les 7,7 milliards estimés nécessaires pour satisfaire aux engagements européens. Cette ambition supérieure reflète l'inquiétude du gouvernement face à l'augmentation des coûts d'intérêt et du fardeau de la dette. Sans mesures d'assainissement, la Belgique risque d'être prise dans un « effet boule de neige » de la dette dès 2030, où le gouvernement devrait emprunter pour payer les intérêts sur sa dette existante.
La N-VA maintient la réforme de la TVA
La N-VA continue de défendre une réforme de la TVA comme élément central des négociations budgétaires.
C'est une des manières par lesquelles on peut transférer les charges fiscales pesant sur le travail vers la consommation, a expliqué mardi la présidente du parti Valerie Van Peel aux micros de la VRT et de VTM.
C'est une chose que les experts demandent depuis longtemps.
Elle a souligné que cette mesure est nécessaire pour stimuler la croissance économique :
Si l'on veut faire croître l'économie, c'est une étape qu'il faut franchir. On ne peut pas abandonner cela, certainement si l'on doit trouver 10 milliards d'euros. Il n'y a pas vingt façons d'y parvenir.
La proposition soumise par Bart De Wever prévoit de faire passer le taux standard de TVA de 21% à 22%, tout en fusionnant les taux réduits de 6% et 12% en un taux unique de 9%. Actuellement, le système belge applique trois niveaux : 21% pour le taux standard, 12% pour les services de restauration et le logement social, et 6% pour les biens essentiels comme l'alimentation, l'eau, les produits pharmaceutiques, les livres et les transports publics. Des aménagements sont prévus pour certains secteurs comme la construction ou l'horeca.
Opposition catégorique du MR
Cette réforme se heurte à un refus catégorique du MR, partenaire francophone de la coalition. Le parti libéral, présent dans toutes les coalitions gouvernementales fédérales depuis 1995, maintient fermement sa position contre toute hausse de la TVA, une ligne déjà défendue sous le gouvernement précédent et tout au long de la législature actuelle.
Le MR justifie son opposition par des considérations géographiques : 56% de la population belge vit à moins de 25 kilomètres d'une frontière nationale, ce qui rend le risque d'achats transfrontaliers particulièrement préoccupant en cas d'augmentation des taux de TVA.
Samedi dernier, ce désaccord sur la TVA a provoqué l'échec de la reprise des négociations budgétaires. Depuis lors, les discussions n'ont pas repris et devraient vraisemblablement attendre la fin du sommet européen prévu jeudi et vendredi.
Cette tension rappelle que malgré une expérience commune — la N-VA et le MR ont déjà gouverné ensemble dans la coalition Michel I entre 2014 et 2018 — les divergences entre partenaires peuvent rapidement paralyser les négociations sur des dossiers sensibles.






