Bruxelles conclut un accord budgétaire 2027 avec un déficit ramené à 719 millions d'euros

Le gouvernement bruxellois a finalisé son budget 2027, réduisant le déficit à 719 millions d'euros contre 957 millions en 2026. L'accord prévoit un gel des embauches et des économies sur la STIB, sans augmentation des tarifs de transport.

Camille Wouters

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Bruxelles conclut un accord budgétaire 2027 avec un déficit ramené à 719 millions d'euros

Le gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale a conclu un accord budgétaire pour l'exercice 2027, quelques jours après que le gouvernement flamand ait bouclé le sien fin septembre avec des coupes atteignant près de 2 milliards d'euros. Conformément à la trajectoire de redressement des finances régionales, le déficit bruxellois devrait s'établir à 719 millions d'euros l'an prochain, en baisse par rapport aux 957 millions enregistrés en 2026.

« Cet accord est le fruit d'un travail collectif et d'efforts de l'ensemble des membres du gouvernement pour tenir le cap », a déclaré le cabinet du ministre-président Boris Dilliès (MR). Le chemin parcouru depuis 2024 s'avère considérable : le déficit atteignait alors 1,552 milliard d'euros. La trajectoire budgétaire prévoit ensuite un déficit de 416 millions en 2028, avant un retour à l'équilibre en 2029.

Cette trajectoire de redressement intervient dans un contexte de crise financière aiguë. La dette consolidée brute de Bruxelles a triplé entre 2016 et 2024, passant de 4,6 milliards à 15,65 milliards d'euros. Le ratio d'endettement a atteint 265% des recettes en 2025. Selon une analyse du Bureau fédéral du Plan publiée en septembre 2026, ce ratio pourrait grimper à 328% d'ici 2031 si les politiques actuelles se poursuivent sans ajustement.

La situation s'était particulièrement aggravée début 2026 lorsque Belfius avait retiré 500 millions d'euros de lignes de crédit et qu'ING avait laissé expirer 500 millions d'euros au 1er janvier, plaçant la région au bord d'un blocage financier. La Cour des comptes avait par ailleurs émis un avis défavorable sur les comptes 2024, citant des « anomalies importantes », le déficit réel ayant atteint 1,515 milliard contre 1,080 milliard projeté.

Gel des embauches et économies structurelles

Pour atteindre ses objectifs de réduction du déficit, le gouvernement bruxellois s'appuie sur plusieurs mesures d'austérité. Le gel des recrutements dans la fonction publique régionale, instauré en 2024, sera maintenu tout au long de l'année 2027. Les réformes doivent générer 74 millions d'euros d'économies sur les frais de personnel et 39 millions sur les coûts de fonctionnement.

Concernant la STIB-MIVB, le gouvernement a décidé de ne pas mettre en œuvre l'augmentation tarifaire initialement prévue. Les tarifs pourraient néanmoins évoluer avec l'indexation sur l'inflation. L'opérateur de transport public devra néanmoins contribuer aux économies budgétaires en reportant certains investissements et en réduisant ses dépenses de fonctionnement.

Cet accord budgétaire a été négocié par une coalition de sept partis rassemblant le MR, le PS, Les Engagés, Groen, Anders, Vooruit et le CD&V, soit trois formations francophones et quatre néerlandophones. Boris Dilliès avait été assermenté comme ministre-président le 14 février 2026, après que Bruxelles soit restée 613 jours sans gouvernement à la suite des élections de juin 2024.

L'adoption tardive du budget 2026 en mars dernier, avec un déficit de 957 millions d'euros, avait déjà illustré les difficultés de gestion budgétaire de la région. Le gouvernement affirme désormais vouloir démontrer sa capacité à respecter ses engagements de redressement financier face aux avertissements répétés de la Cour des comptes et aux projections alarmantes du Bureau fédéral du Plan.

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