Philippe Close rejette le projet de gendarmerie de Theo Francken et réclame des solutions immédiates pour les IPPJ

Le bourgmestre de Bruxelles Philippe Close critique la proposition du ministre N-VA Theo Francken de créer une unité police-armée et demande des investissements directs dans la police et la justice. Il réclame également des mesures d'urgence face à la saturation des institutions pour mineurs délinq…

Camille Wouters

3 min de lecture

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Une proposition controversée de Theo Francken

Le bourgmestre de Bruxelles Philippe Close a vivement critiqué lundi la proposition du ministre de la Défense Theo Francken de créer une nouvelle unité hybride entre police et armée. Interrogé sur Bel-RTL, le socialiste a balayé l'idée d'un revers de main, estimant qu'inventer "le 20e brol qui va créer 20.000 débats au parlement" n'est pas la priorité.

Le projet de Francken, baptisé "gendarmerie 2.0", vise à mettre en place une unité mobile de policiers formés militairement qui interviendrait lors d'émeutes, notamment suite aux violences récentes à Liège et Bruxelles. Cette proposition du ministre N-VA, en fonction depuis février 2025 dans le gouvernement De Wever, suscite des réactions mitigées dans le paysage politique belge.

Des investissements dans les effectifs existants plutôt que de nouvelles structures

Pour Philippe Close, bourgmestre de la capitale depuis 2017 et réélu en 2024, la solution est ailleurs.

Si aujourd'hui, on décide de mettre de l'argent des militaires dans la police, c'est plutôt malin
, a-t-il déclaré. Le socialiste préconise des investissements directs dans les moyens existants.
Je veux des policiers. Que l'on mette de l'argent dans le corps d'intervention de la police, dans la justice
, a-t-il martelé.

Cette position s'inscrit dans un contexte où les questions de sécurité et d'ordre public occupent une place centrale dans le débat politique belge, particulièrement après les incidents violents survenus récemment dans plusieurs villes du pays.

La crise des IPPJ au cœur des préoccupations

Au-delà de la question policière, Philippe Close a surtout insisté sur l'urgence de résoudre la saturation des Institutions Publiques de Protection de la Jeunesse (IPPJ) de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Les chiffres sont préoccupants : avec une capacité totale de 245 places pour les régimes ouvert et fermé confondus, le taux de saturation dépasse 40%. Les délais d'attente moyens pour un placement s'élèvent à environ deux mois en régime ouvert et trois mois en régime fermé.

Cette situation laisse près de 100 jeunes délinquants en liberté par manque de places disponibles.

La police arrête la plupart des auteurs, la justice fait son boulot mais le gouvernement nous répond qu'il n'y a pas de place avant 2028
, a dénoncé le bourgmestre bruxellois, critiquant la coalition fédérale formée par la N-VA, le MR, Les Engagés, le CD&V et Vooruit.

Cette échéance de 2028 correspond à l'ouverture prévue d'une nouvelle IPPJ de 30 places à Forest. Cependant, cet établissement ne créera pas de places supplémentaires nettes dans le système mais permettra surtout de soulager les institutions wallonnes.

Le bracelet électronique comme solution d'urgence

Face à cette impasse, Philippe Close plaide pour des mesures alternatives immédiates.

Que l'on trouve une solution avec le domicile
, a-t-il demandé. À l'approche de la nouvelle année, des mesures d'assignation à résidence ont déjà été prises. Le bourgmestre estime qu'il faut réfléchir à étendre ce dispositif.

Dans la majorité fédérale, la députée MR Valérie Bluge a rejoint cette réflexion en plaidant pour une extension des bracelets électroniques aux mineurs, s'inspirant du modèle flamand. La Flandre expérimente en effet depuis juin 2024 le placement de mineurs délinquants sous surveillance électronique. Le projet pilote, initialement limité à 60-80 jeunes à Anvers, a depuis été étendu. À ce jour, 108 jeunes ont reçu un bracelet, avec un taux de respect du dispositif de 76%.

La surveillance électronique ne remplace pas les IPPJ. Elle peut constituer une réponse complémentaire pour certains jeunes, en associant contrôle, responsabilisation et accompagnement éducatif
, a expliqué Valérie Bluge dans les colonnes de Sudinfo.
L'objectif est d'éviter qu'ils restent sans prise en charge adaptée faute de place disponible.

Cette proposition de la députée MR à la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui a interpellé la ministre de l'Aide à la Jeunesse Valérie Lescrenier (Les Engagés) sur cette question, illustre la recherche de solutions pragmatiques face à une situation de crise dans la prise en charge des mineurs délinquants.

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